Michel Labrecque

Remerciements et réflexions post électorales

Annonce de nomination à la présidence de la STM

mercredi 2 décembre 2009 par Michel Labrecque

Merci (un mois plus tard dans les Maritimes).

Je ne vous ai pas remercié tout de suite, après l’élection du 1er novembre... Parce que je voulais laisser passer un peu de temps pour vous lire, vous parler et, dans certains cas, vous rencontrer. Aussi parce que, sachant ce qui s’en venait, je voulais faire d’un courriel deux coups...

Au cours du derniers mois, j’ai d’abord réglé quelques dossiers à la STM. J’ai aussi, entre autres, présidé le dernier conseil d’administration (le 10 novembre), déménagé les effets personnels de mon bureau de 60 pieds carrés à l’arrondissement, fait du vélo grâce à un mois de novembre exceptionnellement doux, beaucoup lu, vaqué à quelques tâches domestiques et, surtout, soupé en famille. Avec les candidats et candidates de mon équipe et nos proches organisateurs, nous avons organisé, le 12 novembre dernier, un souper au cours duquel nous avons jasé de la campagne électorale, bien sûr, mais surtout de la vie en général. Comme tout au long de la campagne, le moral était bon.

Pendant cette période, des journalistes voulaient aussi avoir mes commentaires sur les résultats électoraux, sur la nomination des membres au Comité exécutif, sur les premières décisions des élus du Plateau, etc. Comme j’ai beaucoup de difficulté avec les lieux communs et que je considère qu’il faut avoir un minimum de devoir de réserve à la suite d’une élection, j’ai préféré passer mon tour... en ne retournant pas les appels.

Quant à l’analyse des résultats, j’ai également préféré laisser ça aux journalistes, analystes et chroniqueurs, dont c’est la profession ou le métier d’analyser.

Voici donc mes remerciements sincères, à vous tous et toutes qui avez contribué financièrement, par votre temps bénévole, par vos conseils, par vos courriels d’encouragement, par vos messages téléphoniques de « consolation », par votre étonnement devant le résultats, par votre sollicitude, par votre solidarité, à ces élections municipales 2009. Je me suis vraiment senti appuyé et vous en suis très reconnaissant.

2 - Nouvelles fonctions (bis)

Le maire m’a invité à siéger comme représentant des usagers du transport en commun au conseil d’administration de la STM (siège prévu par la loi, comme celui de la représentante du transport adapté). De plus, comme la présidence est désignée parmi tous les membres du dit conseil, il m’a également demandé de continuer mon travail à titre de président du conseil d’administration.

Je vais donc occuper cette fonction à temps plein, et faire, je le crois, un très bon duo avec la direction générale. Le rôle d’un président de conseil n’est pas celui d’une direction d’entreprise, vous le savez bien. Je devrai voir au bon déroulement des délibérations du conseil et m’assurer que la STM garde le cap sur sa mission et sur l’atteinte des objectifs fixés dans le cadre des vingt-et-un chantiers du Plan de transport de la ville, dans son plan d’affaires 2010-2020 et dans ses engagements dans le cadre du programme d’amélioration des services de transport collectif, en partenariat avec le gouvernement du Québec et le ministère des Transports. Pour réaliser tout ça, il faut un financement adéquat, dédié, indexé et pérenne. J’entends bien — de concert avec la direction et le conseil d’administration de la STM, le maire, les membres du comité exécutifs, le conseil municipal, le conseil d’agglomération et tout nos partenaires — susciter un grand débat sur cette question.

Évidemment, je ne pourrai m’empêcher de rendre opérationnel le concept de Cocktail transport et d’accélérer le pas pour la mise en place d’un service d’information en temps réel auprès de la clientèle. Enfin je vais coordonner un peu (parce que je suis « pas pire » en organisation d’événements) la programmation du 150e anniversaire de la Société (fondée en 1861).

Comme je serai le premier président-usager de l’histoire de la Société, nous allons faire encore plus d’efforts pour nous rapprocher et être à l’écoute de notre clientèle en terme d’amélioration de la qualité et de la quantité de nos services.

3 - L’engagement politique et l’effet d’écho

Lorsque j’ai été élu, en 2005, j’ai constaté rapidement que tout était déjà passablement attaché au niveau budgétaire et au niveau de la programmation des principaux travaux publics pour 2006 et même 2007. À la différence du travail dans une entreprise privée (avec ou sans but lucratif) où les résultats sont assez rapides, il y a un effet d’écho important en politique. Avant comme après.

Entre les engagements, la prise de décision structurante, la mise en place des actions et les résultats, il peut s’égrener plusieurs années. Surtout si l’on veut associer la population dans une démarche démocratique. La démocratie nécessite minimalement un peu de temps et pas mal de pédagogie. Et les changements durables dans une société, bien que pouvant être initiés par un petit nombre, sont le fait d’une adhésion par le plus grand nombre.

Je me suis impliqué en politique municipale active, dans mon quartier, à 47 ans, sans entretenir d’illusions. Je n’en n’ai donc pas perdu.

Lorsque je me suis présenté, en 2005, j’avais un objectif clair et relativement simple (pas 36 000 affaires à régler) : élaborer un Plan de déplacement urbain (PDU) pour le quartier, et donc entreprendre une démarche qui, qu’on le veuille ou non, prendrait un peu de temps.

Nous avons donc :

  • Rencontré les institutions et les organismes préoccupés par ces questions ;
  • fait faire les recherches et les études pour établir un état des lieux en matière de déplacement dans l’arrondissement ;
  • présenté un « Portrait et diagnostic » ;
  • rédigé un projet de Plan de déplacement pour fins de consultation publique ;
  • consulté la population au moyen d’une Commission du conseil ;
  • analysé le rapport de la Commission citoyenne ;
  • analysé et intégré les recommandations de la Commission.

J’ai finalement déposé et adopté, le 2 mars 2009, le 1er PDU, avec des cibles et des échéanciers sur 15 ans (en tenant compte de la capacité de payer de l’arrondissement) et déposé le Plan des actions détaillées 2009-2010.

De nombreuses actions étaient déjà en branle depuis 2006, et même avant : stationnement pour vélos sur chaussée, dos d’âne allongés, saillies de trottoirs et terre-pleins peints... Mais avec ce premier PDU, tout est écrit et systématisé. Par exemple, ce que j’ai surtout apprécié cette année, c’est de voir l’aménagement des dégagements de 5 mètres aux intersections près des écoles ; le réaménagement complet des abords de l’école Paul-Bruchési sur le Boulevard Saint-Joseph, dans le cadre de ce que nous avions qualifié de « Signature-école » ; la permanence des stationnements pour vélos sur les trottoirs (même en hiver) ; le tracé de nouvelles voies cyclables... Pour 2010, il y avait déjà toute une série d’actions structurantes, planifiées et budgétées. J’ai donc hâte d’en voir les résultats.

La démarche de l’arrondissement et de la Ville de Montréal n’est pas différente de celles de centaines d’autres villes de par le monde. Les autorités publiques et politiques vont revoir, au cours des 25 prochaines années, la façon dont les gens se déplacent dans et au travers les quartiers centraux des villes d’Occident. Elles devront faire une large place aux transports collectifs et actifs, au détriment de l’auto solo. Elles agiront avec plus ou moins de célérité, selon leurs moyens financiers et l’acceptation citoyenne qu’elles obtiendront pour leurs projets. Et comme je l’ai dit et écrit lors du dépôt du PDU, en mars dernier, le processus est irrévocable. Vous vous doutez bien que mon engagement reste entier pour épauler et contribuer à ce processus... tout irrévocable soit-il.

Encore une fois, mille mercis.

Michel Labrecque


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